« LES TERRES NOIRES » Un site naturel exceptionnel !

Situation géographique
Au cœur du Géo Parc de Haute Provence, les paysages des Terres Noires évoquent la lune. Elles présentent un spectacle grandiose. La roche qui les constitue provient d’un dépôt de sédiments marins argilo-calcaires dénommés marnes.
On appelle robines (ou ravines) l’érosion de ces marnes. La présence de sulfure de fer est responsable de leur coloration. Cette richesse concentrée en fer a favorisé la croissance de cristaux de pyrite. On la retrouve aussi dans des restes d’organismes comme des rostres ou d’ammonites.
Les terres noires sont appelées en anglais « Bad lands » (terres infertiles), car seuls quelques buissons épineux parviennent à y survivre. Qualifiées de paysages lunaires, elles sont le paradis des randonneurs en vélo.
Formation
Ces sols riches en humus se sont constitués durant la période du Jurassique tardif, il y ‘a environ 145 millions d’années. A cette période, la chaîne alpine n’existait pas encore, et un océan s’étendait dans le sud-est de la France. Ces marnes se sont créées au fond marin durant l’époque du Secondaire. Des centaines de mètres d’épaisseur de sédiments se sont amassés durant des millions d’années. Leur teinte va du noir au bleuâtre, en incluant les nuances de gris, et même le jaunâtre à la suite de modifications. Ces terres présentent une sensibilité élevée à l’érosion en raison de leur composition. Des reliefs accidentés et érodés traversés par des cours d’eau qui ne coulent que de manière intermittente. Ces terres noires représentent un lieu naturel hors du commun.
Composition des sols noirs
Les sols noirs de Provence se composent de micrite argileuse contenant de petites particules de quartz, de matière organique et de pyrite ; les bioclastes sont peu fréquents. L’illite et les interstratifiés illite smectite constituent la fraction argileuse, accompagnés de minéraux tels que la chlorite et la kaolinite qui sont constants et en grande quantité, bien que leur répartition soit plus variable.
Cette étude des minéraux d’argile montre une rareté de la chlorite et de la kaolinite à l’ est dans la région de Rians, suggérant que la diagenèse d’enfouissement qui a impacté les terres noires de Provence est encore très modérée. L’analyse géochimique permet de distinguer deux influences :
Héritage continental : Les éléments tels que le potassium, le fer, le magnésium, le lithium et le sodium principalement associés aux minéraux hérités.
Héritage de sédimentation marine intermédiaire contenant des composants tels que le bore, le manganèse, le phosphore et le vanadium. Malgré la présence de sédiments colorés, la matière organique y est toute fois peu présente. Elle est essentiellement d’origine continentale et fortement dégradée.
Caractéristiques et compositions de la pierre pyrite
Couleur(s) : Jaune à brun doré, éclat métallique.
Origine du nom : Du grec “pyros”, signifiant le feu.
Composition chimique : Bisulfure de fer, FeS2.
Dureté : Entre 6 et 6,5.
Système cristallin : Cubique.
Gisement(s) : Espagne, Italie, Pérou, France.

La pyrite est une roche constituée de bisulfure de fer. Elle peut aussi renfermer du nickel, du cobalt, de l’arsenic, du cuivre, de l’argent et même de l’or. Elle possède une couleur dorée qui peut aller du jaune au brun, contrairement à l’or qui reste toujours doré.
Cette pierre peut être d’origine sédimentaire, magmatique ou issue de dépôts hydrothermaux. On peut parfois l’observer dans la composition de certaines météorites. Elle présente un éclat brillant et métallique.
En générale, la pyrite forme des cristaux cubiques, octaédriques ou pyritoédrique, aux faces parfois striées.
Histoire et légendes de la Pyrite
Le nom pyrite provient du grec “pyros” qui signifie “feu”. Elle fut nommée ainsi en 50 après JC par le médecin botaniste grec Dioscoride. Il la baptisa ainsi en raison des étincelles qu’elle produit lorsqu’elle subit des chocs. Elle permettait donc d’allumer un feu.
Elle a porté plusieurs noms, tels que pyrite ferreuse, fer sulfuré, sidéropyrite, tombazite, entre autres. C’est en 1845 que le minéralogiste autrichien Wilhelm Karl Ritter von Haidinger lui attribue son nom définitif.
Surnommée “l’Or des fous” en raison de son éclat doré. En effet, au XIXe siècle, lors de la ruée vers l’or, de nombreux mineurs pensant avoir découvert d’immenses gisements d’or, ont cru perdre la tête. Mais il s’agissait de gisements de pyrite.
On estime que la pyrite aurait été utilisée pour la première fois aux environs de l’an 600 ans avant J.C.. En effet, de la pyrite a été découverte par les anthropologues sur Otzi, l’humain momifié.
Dans l’Antiquité grecque, on attribuait à cette roche des propriétés curatives. Elle était renommée pour optimiser la qualité du sang.
Les Grecs et les Romains s’en servaient également pour réaliser des bijoux comme des colliers et des bracelets.
Entre les XIIIe et XVIe siècle, la pyrite était utilisée par les Incas pour confectionner d’épais miroirs convexes. Ceux-ci étaient utilisés lors de cérémonies religieuses.
Pour les Incas, elles étaient perçues comme des pierres magiques car les reflets du soleil dessus avaient la capacité d’allumer un feu.
Bijoux de Marne de Pyrite de France


